Pit, SVE en Finlande: J’ ai appris qu’il faut s'engager pour nouer des contacts

Pit

Si l’on avait dit à Pit Schumann il y a quelques années qu’il s’enthousiasmerait pour la Finlande, il aurait sans doute éclaté de rire. « Ce pays ne m’excitait pas vraiment », se souvient-il. Son regard se dirigeait ailleurs, plutôt vers le Sud. Aussi, après avoir terminé ses études secondaires et avant de rejoindre l’université, il part trois mois au Togo, à son propre compte. « J’ai remarqué là-bas à quel point nous jouissons d’une protection sociale », raconte-t-il. A son retour, sa curiosité demeure insatiable. Il prend connaissance du service volontaire européen et se rend au Service National de la Jeunesse afin de consulter la liste des organisations accréditées engageant des volontaires (www.evsdatabase.eu). Avec le support de son organisation d'envoi, le Centre Information Jeunes (www.cij.lu), il contacte les organisations d'accueil qui correspondent le mieux à ses plans et ses attentes. Une opportunité se présente à Kälvia, au fin fond de la Finlande, dans le cadre d’un projet intitulé « Connecting Europe » : il s’agit d’aider les enseignants d’une école locale afin de donner un accent plus international à l’établissement. « Pour les Finlandais, l’Europe se limite au continent. Eux se considèrent comme scandinaves », observe Pit. Il décide de tenter l’aventure, traverse les méandres de la bureaucratie et s’envole fin février 2006 à Kälvia, situé à 500 kilomètres au nord de Helsinki. A son arrivée, il fait sombre et la température est descendue à moins vingt degrés. Quel contraste avec la chaleur qu’il a connue au Togo ! L’école, qui abrite des classes du cycle primaire et du cycle secondaire, rassemble des élèves de plusieurs villages environnants. Pit aide les professeurs à corriger les tests et assure la surveillance des classes. Il partage aussi le sort de deux autres volontaires originaires d’Autriche et d’Ecosse. Au départ, l’intégration est difficile : « Les gens vivent chez eux et mènent leur vie habituelle ; ils ne viennent pas vers vous. » Il reste quatre mois à Kälvia, puis est envoyé à Kokkola où il a pour tâche de s’occuper d’une maison de jeunes. PRIORITÉ AU CONTACT HUMAIN Pit a des contacts fréquents avec d’autres volontaires de passage en Finlande et qui ont les mêmes sujets de préoccupation que lui. Petit à petit, il parvient à établir des contacts avec les Finlandais eux-mêmes. Il faut dire qu’à présent, il baragouine quelques mots en finnois : « J’ai remarqué à quel point cela leur faisait plaisir. » Avec le recul, il constate que son séjour lui a énormément apporté : « Le SVE m’a apporté une plus grande ouverture d’esprit et fait comprendre l’importance du respect des autres. J’ai appris qu’il faut s’engager pour nouer des contacts, qu’il faut prendre soi-même des initiatives. » Aussi, à son retour, il n’hésite pas à s’engager pendant deux ans dans le comité de l’ACEL, une démarche qu’il n’aurait sans doute pas effectuée sans son aventure finlandaise. « J’ai appris à ne pas voir la vie du seul côté matérialiste », poursuit-il. Il s’inscrit en faux contre ces étudiants qu’il rencontre à l’université et qui ne pensent qu’à décrocher un emploi dans l’espoir de gagner beaucoup d’argent. Et avant de terminer ses études, Pit a l’intention de retourner en Finlande : « Ce qui importe en fin de compte, ce sont les gens qu’on croise et non le lieu où l’on se trouve. »