Une expérience positive

Samantha

Samantha, vingt ans, ne se pose pas trop de questions. Son apparente insouciance cache en fait une certaine timidité, qui ne l'empêche pas de construire sa vie avec patience. Née à Esch-sur-Alzette, elle est la deuxième d'une famille de quatre enfants: son père, qui travaille dans la sidérurgie, et sa mère, qui est femme au foyer, ont le sens de l'équilibre puisque leur progéniture est composée de deux filles et de deux garçons.
Samantha fréquente d'abord l'école primaire à Belvaux, au cours d'une scolarité qui se déroule  normalement. Elle poursuit son cursus au lycée technique d'Esch-Lallange, sans connaître d'accroc particulier. A la fin de la neuvième, elle ne parvient toutefois pas à obtenir assez de points pour passer à un niveau supérieur. Sa principale difficulté vient de la langue française, qu'elle maîtrise mal et qui lui barre la route pour envisager une scolarité plus poussée. Aussi décide-t-elle de quitter l'école et de chercher du travail.
Une idée lui trotte dans la tête: elle espère décrocher un emploi de vendeuse auprès d'un fleuriste. Elle effectue plusieurs demandes mais chaque fois, la réponse est la même: il n'y a pas de place vacante. A force de chercher, elle trouve finalement l'ouverture dans un restaurant où on lui fait miroiter la perspective de pratiquer un stage. Au bout de deux à trois semaines, elle doit cependant s'effacer devant un autre candidat.


Un stage très bénéfique

Samantha prend alors contact avec l'Action locale pour jeunes à Differdange, qui la met en relation avec le Service national de la jeunesse. Celui-ci la prend en charge et l'envoie accomplir une formation à Eisenborn. « On m'a demandé quelle profession je souhaitais exercer. Puis on m'a soumis une liste où je devais désigner ce qui pouvait m'intéresser », explique-t-elle. Après avoir visité plusieurs endroits, elle opte pour le Centre intégré pour personnes âgées du Rahm. Son stage, qui s'inscrit dans le Service volontaire d'orientation, se déroule bien, de sorte qu'au bout de six mois, elle prolonge son travail de six mois supplémentaires. Sa tâche consiste à organiser les activités avec les pensionnaires, et le contact avec eux se passe très bien. « C'était une expérience positive », reconnaît-elle. « J'ai pu aider les gens, les écouter. »
Elle s'engage ainsi dans une carrière à laquelle elle n'a jamais songé. Après son année de stage, pendant laquelle elle suit d'autres formations du SNJ, elle exprime le désir de  poursuivre dans cette voie. Elle s'inscrit au Centre national de formation professionnelle continue, où parallèlement aux cours, elle doit accomplir un stage de trois semaines. A l'heure où ces lignes sont écrites, il lui reste quelques jours avant d'entamer ce stage, prévu dans une crèche.

Déterminée à réussir

L'expérience au centre du Rahm l'a visiblement séduite. « Je veux faire mon apprentissage dans le cadre d'un travail bénéficiant aux personnes âgées », dévoile-t-elle son ambition. « J'espère exercer ma profession dans ce secteur. » Samantha se dit très satisfaite de la façon dont les événements se sont enchaînés, notamment grâce à l'appui des interlocuteurs au SNJ: « Ils m'ont aidée à ne pas rester à la maison. Grâce à eux, j'ai pu obtenir une première expérience professionnelle. »
Son ami Steve, qui est en dixième et suit un apprentissage pour devenir mécanicien, ne peut que confirmer l'épanouissement de Samantha. « J'ai l'impression qu'elle est heureuse et je l'ai aidé comme j'ai pu », se réjouit-il. Samantha approuve en silence. Elle est déterminée à réussir, et l'on ne voit pas ce qui pourrait l'arrêter en si bon chemin.