L'envie d'aider les autres

Christophe

« Je suis reconnaissant envers les personnes qui m'ont aidé au Service national de la jeunesse. Sans elles, je ne sais pas si j'aurais trouvé ma voie. » La déclaration de Christophe est sincère: à l'âge de vingt et un ans, il laisse transparaître une grande sérénité. Ce qui n'a rien d'évident compte tenu du parcours qu'il a emprunté, avec un départ en dents de scie.
Dès l'école maternelle, Christophe connaît des problèmes de concentration, qui deviennent vraiment visibles pendant sa première année d'école primaire à Mersch. Au cours de ce cycle primaire, son parcours scolaire est chaotique: il redouble à plusieurs reprises et après la cinquième année, il entre au lycée à Mersch. Intégré dans l'enseignement modulaire, il y poursuit ses études, avançant tant bien que mal vers la « neuvième pratique ».
Soucieux de l'hyperactivité du jeune Christophe, son père l'encourage à faire du sport, en particulier du basket: un sport qui lui convient bien du fait de sa grande taille. Non seulement ce sport le rend plus calme, mais il y côtoie aussi des enfants handicapés, qui l'amènent à s'engager dans les « Special Olympics Luxembourg ».


Réaction d'orgueil

A la rentrée 2006, Christophe intègre l'école hôtelière à Diekirch, où il passe six mois. « Je voulais surtout m'amuser », se remémore-t-il cette période agitée. « Ce n'est qu'en sortant de là que je me suis dit qu'il était de temps de construire quelque chose. » Il commence à s'informer autour de lui, jusqu'à ce que l'Action locale pour jeunes de Mersch lui conseille de prendre contact avec le Service national de la jeunesse. C'est ainsi que Christophe découvre le Service volontaire d'orientation. Il se rend à Grevenmacher où il suit une formation de deux semaines, apprenant notamment à se préparer à un entretien d'embauche. « Au départ, j'y suis allé en pensant que cela allait être n'importe quoi, mais j'ai vite remarqué qu'on y apprenait beaucoup, qu'il fallait s'activer plutôt que de compter uniquement sur les autres. »
Il émet une préférence pour le secteur social, conséquence de son engagement auprès de jeunes handicapés. A partir de novembre 2007, Christophe effectue un stage au centre d'autisme à Beckerich, une expérience qui s'est très bien déroulée selon lui: « J'ai beaucoup appris lors de ce stage, notamment à avoir de la patience. En plus, il m'a tracé une direction en me donnant une idée de ce que j'allais faire plus tard. » Jusqu'en mai 2008, il travaille dans un atelier de jardinage, devant se taper quatre heures de trajet quotidien en bus, deux à l'aller et deux au retour.
Après ce stage, Christophe songe à exercer la profession d'auxiliaire de vie, dans le but de travailler avec des enfants handicapés. Comme il n'est pas admis à passer cet examen, il décroche un travail de deux mois à l'abattoir à Mersch, puis se retrouve à nouveau sans rien. Le SNJ vient alors à son secours en  lui conseillant de se diriger vers une formation d'aide sociofamiliale (ASF). Il s'adresse au CIGL à Walferdange, qui le place sur une liste d'attente. En octobre 2008, il y décroche un stage et effectue pendant près de quatorze mois des travaux de jardinage et de maçonnerie. Il suit en parallèle des cours d'ASF en formation à Rumelange, participant à trois stages de trois mois auprès de personnes âgées, d'enfants ou de handicapés.


Une cause qui lui est chère

A présent, Christophe est engagé par l'Association des aveugles (Blannenheem) pour effectuer un apprentissage dans leur maison relais en tant qu'« ASF en formation ». « Je veux continuer à travailler dans le secteur social », explique-t-il, reconnaissant que la cause des personnes handicapées lui est chère. A ce titre, il a rejoint l'association ZAK, créée par un groupe d'entraîneurs et de sportifs pour favoriser l'inclusion des handicapés mentaux dans la société à travers l'organisation d'activités sportives, sociales et culturelles. Il y donne un solide coup de main en tant que bénévole. « Ils m'ont beaucoup aidé lorsque j'avais des problèmes, c'est une manière de leur rendre la pareille », conclut-il.