Se prendre le temps de réfléchir

Claudine

En février 2008, Claudine est mal en point: comprenant que la voie qu'elle a choisie ne lui convient pas, elle décide d'arrêter l'école d'infirmières. Rien ne va plus.
Pourtant, jusqu'alors, son parcours scolaire est tout à fait honorable. Elle fréquente d'abord l'école primaire à Rodange, qu'elle termine sans accroc. Pour le cycle secondaire, on lui conseille de choisir la filière technique, en raison de sa faible maîtrise du français. C'est ainsi qu'elle commence sa septième au Fieldgen. Son objectif est clair: après la onzième, elle veut entrer à l'école de police et faire carrière dans les forces de l'ordre.
Ses notes insuffisantes en français lui font peu à peu comprendre qu'elle n'y arrivera pas. Au bout de la neuvième, arrive le moment de prendre une nouvelle décision pour son avenir. Après un temps de réflexion, elle se dirige vers les études paramédicales. « J'étais plutôt bonne en sciences naturelles, notamment en biologie et en chimie », explique-t-elle son choix. Elle s'inscrit par conséquent à l'école d'infirmières mais constate vite qu'elle est en train de se fourvoyer, perdant toute motivation pour continuer. A bout de forces, elle abandonne: nous sommes en février 2008.

La passion des animaux

Comme la rentrée de septembre est encore loin, elle s'adresse à l'asile pour animaux à Esch-sur-Alzette pour savoir si elle peut donner un coup de main. « Les animaux sont ma passion », raconte-t-elle. Son domicile est un vrai petit zoo où se côtoient chats, furets, araignées et d'autres variétés animales plus ou moins exotiques. Elle aurait bien aimé embrasser une carrière de gardienne d'animaux, mais en la matière, les possibilités de formation sont limitées au Luxembourg.
A l'asile pour animaux, on lui conseille de se mettre en cheville avec le Service national de la jeunesse. Elle prend aussitôt contact avec le SNJ et découvre le service volontaire d'orientation (SVO). C'est dans ce cadre qu'elle commence un stage de six mois dans ce même asile. Travaillant sans répit, elle termine comme prévu le 31 août 2008 en ayant le sentiment du devoir accompli.
Après cette expérience, qu'elle juge positive, Claudine doit à présent trouver un travail. Un collègue lui suggère de passer l'examen des chemins de fer luxembourgeois. Cette idée la séduit. « J'avais le sentiment que cet examen était similaire à celui de la police », indique-t-elle. Début octobre 2008, elle se lance dans l'aventure du rail: pendant une année, elle étudie la théorie puis la pratique, avant de passer avec succès l'examen final en octobre 2009. La voilà accompagnatrice de train. Elle s'en réjouit d'autant plus qu'elle paraît encore toute surprise d'avoir choisi cette option. Il faut dire que deux ans plus tôt, elle ne songeait guère à se lancer dans une telle profession. « Je n'ai pas regretté d'avoir arrêté l'école », estime-t-elle, satisfaite d'avoir pu rebondir et trouver un emploi qui la motive. L'appui du SNJ fut loin d'être négligeable, reconnaît-elle, car à travers le SVO, elle eut droit à un suivi personnel, les superviseurs montrant une grande disponibilité pour l'aider à résoudre tout problème qui pouvait se poser.

Délai de réflexion

Quant à l'avenir, Claudine pense en premier lieu à détenir un emploi sûr. « Je sais à présent que la profession de rêve n'est pas toujours celle qui est la plus adaptée », reconnaît-elle, un brin philosophe. Au vu de son parcours, quel conseil pourrait-elle donner aux jeunes gens qui se cherchent sans trop savoir dans quelle direction aller? « Je leur conseille de ne pas paniquer », souligne-t-elle. « Il faut se prendre le temps de réfléchir, voir ce qu'on a envie de faire et ensuite essayer. Il faut éviter d'apprendre à tout prix quelque chose qui ne convient pas. » Quant à la langue française, qui lui a causé tant de soucis pendant sa scolarité, Claudine a su en faire bon usage. La preuve: bien qu'elle travaille à Luxembourg, elle a élu domicile... en France.